3.863 personnes traversent la frontière pour travailler

L’étude lancée dans le cadre du projet POCTEFA EMPLEO livre un bilan sur le bassin d’emploi transfrontalier

Il a permis de mieux saisir les problématiques de l’emploi transfrontalier et d’esquisser des solutions pour impulser une dynamique de mobilité des travailleurs et de coopération entre les acteurs économiques de l’espace eurorégional.

3 863 personnes au total traversent quotidiennement la frontière pour travailler dans l’espace de l’eurorégion Nouvelle-Aquitaine Euskadi Navarre, dont une immense majorité sont des ressortissants espagnols résidant dans les communes françaises proches de la frontière mais ayant gardé leur emploi au Gipuzkoa. C’est là l’un des résultats de la première étude diagnostic réalisée sur le travail transfrontalier par l’eurorégion dans le cadre du projet européen EMPLEO.
L’étude confirme ainsi que le marché immobilier constitue un facteur clé pour le déplacement des travailleurs du sud vers le nord puisque, voici une décennie, le mètre carré étant beaucoup moins cher en France qu’en Espagne, de nombreux résidents proches de la frontière ont choisi de changer de lieu de résidence et de venir habiter en France, tout en maintenant leur emploi au Gipuzkoa, principalement. Aujourd’hui, le facteur prix a disparu.

Radiographie de l’emploi transfrontalier

Il s’agissait pour l’étude de réaliser une radiographie de la situation actuelle de l’emploi transfrontalier. Les conclusions auxquelles elle a abouti permettent de souligner les aspects suivants :

  • Les flux transfrontaliers d’emploi sont beaucoup plus fragiles dans l’Eurorégion que sur d’autres frontières de l’UE où le nombre de personnes se déplaçant d’un pays à l’autre pour travailler est très supérieur, comme c’est le cas, par exemple, sur les frontières franco-suisse (plus de 170 000 personnes), italo-suisse (plus de 100 000 personnes) ou franco-allemande (plus de 46 000 personnes).
  • Le travailleur transfrontalier de l’eurorégion présente un profil d’indépendant, d’employé du secteur des services et de la fonction publique.
  • Les principales difficultés rencontrées par les travailleurs transfrontaliers en Nouvelle-Aquitaine–Euskadi–Navarre sont la fiscalité et les transports.
  • L’Eurorégion dispose d’une population mieux formée que la moyenne européenne et, en conséquence, habilitée à trouver un emploi de meilleure qualité
  • L’un des principaux obstacles au flux des travailleurs est la langue.

Complémentarités

Outre la radiographie de l’emploi transfrontalier, le projet EMPLEO a pour objectif de détecter les principales difficultés de développement d’un bassin d’emploi solide entre les trois régions ainsi que les atouts et les complémentarités et, en dernier lieu, de proposer une série de recommandations visant à favoriser ledit bassin d’emploi. Les perspectives de croissance de l’emploi au cours des 8 prochaines années se situent entre 5 et 9 % dans les trois régions, lesquelles disposent de stratégies régionales d’innovation qu’elles pourraient partager. De même, il existe des domaines et des secteurs d’activité qui pourraient devenir des enjeux partagés, tels que la fabrication avancée, les énergies renouvelables, la santé, le secteur agroalimentaire et les industries créatives.

Recommandations

L’étude avance les recommandations suivantes en vue d’améliorer et de mettre à profit la situation transfrontalière pour un emploi d’avenir :

  • L’apprentissage de la langue « voisine »
  • L’information sur les opportunités d’emploi « de l’autre côté »
  • Un accompagnement administratif ou fiscal des travailleurs transfrontaliers
  • Des systèmes de connexion entre les travailleurs transfrontaliers et les organismes de formation
  • La disponibilité et l’amélioration des informations statistiques concernant le marché du travail transfrontalier
  • Des cours de langue pour les administrations

Ligne d’action du plan stratégique de l’Eurorégion et co-financé par le FEDER

Cette étude s’inscrit dans l’action du Plan stratégique de l’Eurorégion 2014–2020 visant à « favoriser le développement d’un bassin d’emploi eurorégional ». Le projet a été cofinancé à hauteur de 65 % par le Fonds Européen de Développement Régional (FEDER), par le biais du programme Interreg V-A Espagne, France, Andorre (POCTEFA 2014-2020). Le POCTEFA a pour objectif le renforcement de l’intégration économique et sociale de la zone transfrontalière Espagne–France–Andorre.

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